Après plusieurs jours de lecture "détente", je me suis plongée dans le livre de Fabrice Humbert, L'origine de la violence. Un roman qui m'avait été recommandé par de nombreux amis, qui m'avait été réclamé par de nombreux lecteurs, et dont j'avais pu lire plusieurs critiques élogieuses dans la presse ou sur les blogs, notamment le blog de Sylire.
La lecture de ce livre est plus exigeante, pas de problème à priori... Ce texte est annoncé comme dur, et bouleversant. C'est vrai.
Il y est question d'une enquête, d'une quête des origines ; il y est question d'un secret de famille ; de filiation bouleversée. Il y est surtout question du camp de concentration de Buchenwald ; et d'une famille de bourgeois installée en Normandie.
Le narrateur, professeur de français au lycée franco-allemand, a l'occasion d'un voyage en Allemagne et d'une visite du camp de Buchenwald, découvre une photo datant de 1941, et un visage de déporté. Ce visage, il le connaît : c'est celui de son père. Mais son père n'est pas mort en camp, son père n'a même aucun lien avec les camps. Alors qui est cet homme sur la photo ? Cette question ne le quitte plus ; le besoin de réponse est impérieux. L'enquête va mener le narrateur jusqu'au coeur du secret ; et jusqu'au coeur de la violence. Violence de l'époque, violence insoutenable des camps et de la machine de mort nazie, violence des relations familliales ; mais plus loin encore, son enquête va le faire s'interroger sur sa propre violence, sur ses pulsions et obsessions.
Quelque fois à la limite du soutenable, notamment lorsqu'il entre dans le camp et nous en décrit les rouages, parfois à la limite de la fascination pour l'horreur, ce roman percute le lecteur. (cette même fascination morbide pour l'extrême qui m'avait fait détester Les Bienveillantes de Littel, mais que je trouve justifiée ici, alors qu'elle ne l'était pas, à mon sens, dans le pavé de Littel) Remarquable dans sa construction, le récit de Fabrice Humbert nous emmène justement là où nous ne voulons pas aller.