Peut-être connaissez-vous cet auteur italien pour son livre "Gomorra" qui fut un véritable succès à sa sortie ou pour le film de Matteo Garrone dont il est inspiré ? Il existe à la bibliothèque un petit recueil de deux nouvelles écrites par Roberto Saviano, merveilleusement traduites par Vincent Raynaud. l'une s'intitule le contraire de la mort, l'autre la bague, l'une raconte l'histoire de Maria,jeune fille de 17 ans,obsédée par l' Afghanistan où son fiancé a fui et trouvé la mort, l'autre raconte l'histoire de deux jeunes hommes poursuivis par la mafia napolitaine,assassinés de façon absurde et cruelle. Les hommes de Naples n'ont pas le choix : c'est l'armée ou la mafia, ce sont les mines irakiennes ou les balles de la camorra... Deux histoires courtes, denses, directes,justes, qui disent beaucoup plus qu'elles n'en ont l'air, deux histoires qui trottent dans la tête beaucoup plus longtemps qu'on ne le voudrait... Saviez-vous que roberto Saviano a été le premier journaliste à avoir le courage de témoigner sur le crime organisé et le système mafieux italien et qu'il vit depuis plusieurs années sous protection policière ? Voici quelques extraits de ces nouvelles éditées chez Robert Laffont. " Voila la grande faute de Vincenzo et giuseppe. Assassinés. Innocents. Des morts qu'aucun quotidien national n'a ensuite évoqués. Aucun journal télévisé, aucune radio. Silence à gauche, à droite, au centre. Tous muets. Ils sont nés dans le village de la faute, ils ne pouvaient se prétendre innocents". Ou encore "C'est toujours embarrassant de prononcer le mot amour. la langue se fige, comme si elle en avait assez de refaire le même chemin trop souvent parcouru et qu'elle ne veut plus suivre. Telle une sonorité qu'on connaît trop bien. Comme les comptines qu'on récite sans prêter attention au sens des mots. Ou les prières dont le caractère sacré est indépendant du contenu, qui ne sont que pur rituel. Il est pourtant un moment où un mot passé par trop de bouhes, manipulé et tordu par trop de mains, redevient immaculé. Et on n'en comprend guère la raison, on ne saurait faire le chemin à l'envers, revenir sur ses pas. ça arrive, c'est tout...(...) Désormais, chaque fois que le sens profond m'échappe, je pense à Maria m'énumérant tout ce qu'elle doit encore apprendre au sujet de Gaetano et me saluant sur le pas de la porte, comme si elle était soudain pressée, et je sais quelle est la vérité de l'amour. La seule que tout notre être écoute et saisit encore: le contraire de la mort." L'amour est le contraire de la mort ! Je vous laisse avec le goût de ces mots en tête !