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Présente les coups de cœur, l'actualité, les découvertes de l'équipe de la bibliothèque Xavier-Grall

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Rentrée littéraire - en guise d'introduction...

"Un commencement est un moment délicat..."
Il s'agît de ne pas se rater... ne pas prendre le risque de s'arrêter dès le premier roman de cette rentrée...

Alors, un peu de méthode, deux secondes de reflexion...
Par quel livre (parmi plus de 600 !) commencer ?

Un roman français ou un auteur étranger ? un petit éditeur caché ou l'artillerie lourde ? le dernier Amélie Nothomb peut-être (si seulement ça pouvait être le dernier !) ? Bonne question !

La bibliothécaire n'étant pas téméraire, mon choix s'est porté sur une "valeur refuge", un auteur dont j'ai aimé tous les romans, dont l'écriture m'emporte immédiatement : Sorj Chalandon et son roman La Légende de nos pères, édité chez Grasset.

La légende des pères, c'est ce que propose d'écrire Marcel Frémaux, ancien journaliste devenu biographe.
La légende de son propre père, Brumaire, résistant pendant la seconde guerre mondiale, mort sans avoir transmis cette mémoire à son fils.
La légende de Beuzaboc, le père de Lupuline, venue à sa rencontre pour qu'il recueille les souvenirs du vieil homme, résistant lui-aussi, taiseux lui-aussi.
En écoutant les récits de Beuzaboc, c'est la figure de Brumaire, la figure de son propre père que Marcel Frémaux veut voir. C'est la voix de son père qu'il veut entendre.
Mais les deux hommes ne sont pas les mêmes ; leurs histoires ne se confondent pas. Marcel paiera cher pour le découvrir ; pour accepter que l'histoire de son père soit perdue à tout jamais.

J'avais particulièrement aimé le précédent roman de Sorj Chalandon, Mon traître, qui racontait, de façon à peine romancée, l'histoire d'une trahison durant la guerre en Irlande. Trahison au pays, trahison à la Cause, trahison à l'ami qui croyait avoir trouvé en son "traître" un père de substitution.
Ce roman m'avait émue aux larmes. Touchée en plein coeur.

L'émotion ici est plus retenue, plus diffuse. Mais les thèmes chers à l'auteur se retrouvent à chaque page : la fraternité, l'humanité, la lutte pour la dignité.
L'écriture, sous son apparente simplicité, est en fait au plus juste. Chaque mot est pesé, choisi, placé.
Chalandon nous emporte avec lui dans cet univers d'hommes qui n'ont pas les mots pour dire leurs histoires.
J'ai aimé ce livre ; j'aime cet auteur qui semble toujours chercher dans l'autre une image d'un père, d'un frère, de lui-même.
Je vous conseille vivement la lecture de La légende de nos pères, et encore plus vivement celle de Mon Traître.

(prochain titre sur ma liste de romans de la rentrée : Des Hommes de Laurent Mauvignier... on se tient au courant !)
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S
<br /> Peut être moins bien écrit, mais au combien plus passionnante est la vie d'Adolfo Kaminski que vient d'éditer Calmann-levy.<br /> <br /> <br />
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M
Je n'ai encore rien lu de cet auteur. Je vais peut-être commencer par "Mon traître" alors!<br /> PS. j'ai la nostalgie du Finistère-nord, ayant vécu mes 17 premières années à Berven mais quand j'y retourne , je ne reconnais plus rien et ne connais plus personne! :(
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S
<br /> Mon Traitre est un livre formidable, j'en garde un tel souvenir !<br /> Quant au Finistère Nord, comme je comprends votre nostalgie ! Cet endroit est particulièrement beau ; sauvage et brutal. Et les finistériens alors !<br /> <br /> <br />