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"Une éducation littéraire à la bière"
J'ai vu, il y a quelques jours maintenant, ce qu'il convient d'appeler un "petit film belge"... sauf que, en sortant de la salle de cinéma, moi, je me disais que j'avais regardé une "pépite", remarquablement titrée, ce qui ne gâche rien : "La merditude des choses"

Gunther Strobbe, 13 ans, prisonnier de sa vie et de son héritage insensé.
Gunther Strobbe, 30 ans, coincé dans son petit deux-pièces, entre son désir d'écrire, sa paternité non souhaitée, son incapacité à trouver sa place...
Léger flou des images, glissement vers le noir et blanc, puis vers l'imagerie "documentaire", et nous voilà chez les Strobbe, dans les années 80 (en Flandres, elle n'avait rien à envier à l'Angleterre ou la France, cette décénie...)
Elevé par son père, délaissé par sa mère - qui a refait sa vie en l'occultant complètement - soutenu par les trois oncles alcooliques et la grand-mère complètement dépassée, Gunther n'est pas tout à fait un enfant comme les autres.
Les joies qui viennent rythmer son quotidien ? la visite de l'huissier, les courses de "vélo à poil", les concours de bière (que son père gagne toujours de toute façon...) ; et puis l'école, et la douleur et l'incertitude, la "vie de merde" dont il faut bien s'accomoder. A moins que...
J'étais partie pour voir une comédie. Je n'ai pas été déçue ! ça non.
En revanche, ma tendance à rire aux éclats a été régulièrement perturbée... à chaque fois, mon rire coinçait entre mes dents, je le ravalais, et me questionnais : de quoi, de qui, suis-je en train de rire ? de cette déchéance ? de cette vie pourrie ? le petit refrain d'Arno "Chic et pas cher" trottait dans ma tête, et les images de "Strip tease", à la limite du supportable, revenaient sans cesse.
Bien fait pour moi ! On ne rit pas impunément de la misère sociale.